Être humilié, être trahi par une personne en qui l’on avait confiance, voir quelqu’un casser volontairement quelque chose qui était précieux pour nous… Nous avons tous, un jour, fait la dure expérience de l’injustice. Lorsque cela arrive, des émotions fortes surgissent : la déception, la colère ou la tristesse, par exemple.
Mais l’injustice soulève aussi une question : que dois-je faire maintenant ? Faut-il punir la personne qui m’a fait du mal ? Faut-il qu'elle répare ce qu'elle a détruit ? Ou qu'elle comprenne la souffrance qu'elle a causé ? Surtout, pourquoi a-t-on envie de se venger ? On entend souvent qu’il faut pardonner, mais est-ce toujours vrai, et est-ce toujours possible ?
Si toutes ces réponses sont intéressantes, elles n’impliquent pas la même chose. Demander justice ou désirer se venger soi-même, ce n’est pas la même chose. Où commence la haine contre quelqu’un ? Comment choisir entre se venger et pardonner ? Si une décision de justice est rendue, est-ce que l’affaire est close ? Est-ce que cela suffit à soulager celui qui a subi l'injustice ? Si certains torts peuvent être réparés, sont-ils pour autant effacés ?
À travers ces questions, les enfants découvriront que la haine, la vengeance, le pardon et la justice répondent à une même expérience : celle d'un tort que l’on subit. Ils réfléchiront aussi au rôle de la justice dans une société : pourquoi confions-nous à un tiers le pouvoir de décider de ce qui est juste plutôt que de laisser chacun rendre justice lui-même ?
Sans jamais dire ce qu'il faut penser, l’atelier de philosophie invite les enfants à dialoguer pour découvrir que certaines des questions les plus importantes naissent de nos expériences les plus ordinaires.